Archive pour la catégorie ‘La parole politique’

Discours de Martine Aubry – Printemps des libertés

Dimanche 22 mars 2009

Chers Amis, Chers Camarades,

On nous dit que nous ne sommes pas si nombreux, 1 500 personnes, sans doute même un peu plus. Ce n’est pas si mal pour un Parti qui reprend l’habitude de se retrouver, de travailler, de réfléchir entre deux élections –et pas seulement au moment des élections. Ce n’est pas si mal pour un Parti qui a le courage de parler, aujourd’hui, des libertés, avant qu’il ne soit trop tard. Et c’est un plaisir de voir notre Parti, grâce à tous ceux qui ont travaillé à cette journée autour de M.P. De La Gontrie, s’ouvrir à nouveau, ouvrir les portes et les fenêtres vers ceux qui n’auraient jamais dû s’éloigner de nous, si nous ne nous étions pas éloignés d’eux : les associations, les bénévoles, les acteurs de la solidarité… Ils étaient avec nous au cours de cette journée. C’est aussi un grand bonheur.

On nous dit « Vous parlez des libertés… mais ce n’est pas le sujet ! ». Je crois que ceux qui nous disent cela sont ceux qui nous disait, lorsque la loi TEPA a été votée, lorsque le bouclier fiscal a été voté, que nous étions trop durs avec Nicolas Sarkozy. Ils nous demandaient d’ailleurs d’attendre les effets de cette loi qui devait « libérer les initiatives »… Les effets, on les a vu et nous avions raison de nous y prendre au plut tôt. Là aussi, donc, nous avons raison d’être là sur le terrain des libertés, et je voulais vous remercier. Je suis heureuse que vous soyez là, un dimanche. Et je crois que,pour beaucoup de Français, savoir que le Parti socialiste était là jeudi dans les manifestations et aujourd’hui au Zénith pour parler des libertés est une bonne chose. Pas pour nous, mais pour ceux qui ont besoin de nous. Et c’est cela qui doit nous motiver.

Je veux remercier tous ceux qui étaient donc présents, et notamment les élus ce matin pour dire leurs inquiétudes face aux manipulations électorales, face à l’étranglement des collectivités locales. Mais aussi tous ceux qui, cet après-midi, sont venus nous dire pourquoi ils défendaient les libertés individuelles et collectives. (Lire la suite…)

Point presse de lancement de la campagne sur les libertés publiques

Mercredi 11 mars 2009

Mercredi 11 mars, une conférence de presse a lancé l’offensive socialiste contre les atteintes aux libertés publiques. L’occasion de présenter La France en libertés surveillées, le livre de référence pour cette initiative citoyenne, et de revenir sur les enjeux de ce combat essentiel. Tour à tour, Martine Aubry, Première secrétaire du PS, Marie-Pierre de la Gontrie, secrétaire nationale aux libertés publiques et à l’audiovisuel et Pascale Boistard, secrétaire nationale à l’organisation, ont pris la parole. (Lire la suite…)

La France en libertés surveillées – Avant-propos

Vendredi 6 mars 2009

« Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » Montesquieu in L’Esprit des Lois.

Alors que la France traverse une crise économique et sociale sans précédent
depuis 1929, un pouvoir omniscient s’acharne à écorner les principes qui fondent le cœur de notre pacte républicain.

Depuis plusieurs mois et dans un même mouvement, les injustices, les reniements de droits sociaux et les atteintes répétées aux libertés publiques se succèdent : le vote du paquet fiscal et la loi sur la récidive instaurant les peines planchers, les franchises médicales et la loi sur la rétention de sûreté, la réécriture du code du travail et la reprise en main de l’audiovisuel public… Le mouvement de recul des droits est global.

Président de l’UMP, président de la République, Premier ministre dans les faits, conseiller général des Hauts-de-Seine par procuration… Tout cela n’était pas suffisant aux yeux de Nicolas Sarkozy. À ce pouvoir exubérant, il a voulu ajouter le contrôle des médias publics, de la justice… Et ce qu’il ne peut contrôler, il a décidé de l’affaiblir : le mouvement associatif ou l’opposition au Parlement n’en sont que des exemples. Cet activisme dans la concentration du pouvoir est aujourd’hui le principal moteur de l’action du président de la République. Face à ce mouvement historique de régression des libertés, la gauche doit d’abord assumer son rôle : celui de révéler la réalité de l’action du pouvoir en place.

Mobilisé avec les forces sociales, engagé avec les parlementaires, présent sur le terrain avec ses réseaux militants, le Parti socialiste est au cœur de la mobilisation citoyenne pour défendre les valeurs de la République.

Au-delà de la nécessaire critique, le Parti socialiste se doit d’être un parti de projet d’avenir. Nous avons déjà proposé une alternative au plan de relance gouvernemental, conjuguant des solutions de nature à améliorer immédiatement le pouvoir d’achat des Français et des mesures susceptibles de soutenir les acteurs économiques en relançant l’investissement. Nous esquissons, notamment au travers de nos propositions sur la réforme des collectivités, un projet alternatif à la société de méfiance que la droite construit. Il devra être complété pour être présenté aux Français en 2012, lors des prochaines élections générales. Face à la régression conduite aujourd’hui par la droite, les socialistes et la gauche sauront, je le sais, répondre présents.

Si pour le Parti socialiste, la question sociale est centrale dans un pays rongé par les injustices et la précarité, refuser l’entreprise de déconstruction des libertés publiques actuellement à l’œuvre est un devoir.

C’est l’objet de ce livre.

Martine Aubry
Première secrétaire du Parti socialiste

L’autre visage de « la France d’après » – Introduction du livre

Vendredi 6 mars 2009

Rien ne peut justifier un recul des libertés publiques dans une démocratie moderne, pas même une situation de crise comme celle que nous traversons. Pour les socialistes, au contraire, l’exercice des libertés collectives constitue une protection pour les plus fragiles et une condition d’émancipation pour chaque individu.

La France ne souffre pas seulement d’injustice sociale, elle subit aussi un terrible recul des libertés, instaurant peu à peu une société corsetée.

Sur ce sujet, il est difficile d’obtenir un débat public qui échappe aux caricatures et aux provocations. Nicolas Sarkozy lui-même, s’est souvent placé sur le terrain des libertés pour disqualifier ses opposants ou stigmatiser les populations les plus précaires.

Défendre les libertés publiques serait, pour lui, nécessairement synonyme de laxisme, de désintérêt, voire d’incompréhension, pour les exigences de sécurité de nos concitoyens.

Le rapport qu’entretient le chef de l’État avec cette question n’est pas seulement une forme de populisme pénal qui instrumentaliserait momentanément l’émotion des victimes pour affaiblir les institutions. Il ne s’agit pas seulement de mots et de postures. (Lire la suite…)